Une semaine dans un ashram en Inde

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Il y a quelques semaines, j’ai été en Inde avec une amie. Nous avions toutes les deux besoin de vacances. Après des heures et des heures de recherche de destinations sympas, elle m’a suivi dans mon délire d’aller dans un Ashram mais un Ashram cool, un ashram 2.0.

Delhi, son brouillard, ses embouteillages, ses klaxons, ses singes nous ont laissé un souvenir mitigé. Dépaysant, effrayant.

Agra, sa saleté, ses vaches, sa misère, son Taj Mahal nous ont marqué. Un énorme malaise. Le Taj Mahal est bien sûr impressionnant, gorgé de beauté, d’histoire et d’amour. Mais pour y arriver, il faut passer par la misère, la laideur et la saleté.

Goa, sa lumière, ses cocotiers, ses plages nous ont laissé un magnifique souvenir.

L’Ashram, situé en bordure de jungle à Goa, est un havre de paix. Un cocon d’amour et de zénitude. Nous y avions passé une semaine, une semaine de pur bonheur. Je vous raconte mon expérience, quelques semaines après, avec du recul et de la nostalgie.

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Arrivées à l’aéroport de Goa, mon amie et moi regardons les paysages, éblouies par la lumière. Cette lumière colorée, orange, différente qui réchauffe le coeur. Après une heure de route dans une toute petite voiture, nous arrivons à l’ashram qui est tenu par des Indiens. Des gens gentils, chaleureux, drôles, rigoureux. Des gens magnifiques.

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Je me sens toute de suite à l’aise, séduite par la verdure. L’accueil est chaleureux. Tout est si authentique, naturel, simple. Je passe une semaine pieds nus en legging et maillot. A quoi bon une grosse valise pleine de choses inutiles ? Un sac à dos m’aurait amplement suffi.

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Nos journées sont bien chargées :

  • Méditation à 6h30
  • Hatha Yoga à 7h30
  • Brunch à 10h
  • Yoga Nidra à 11h
  • Karma Yoga à 12h
  • Ashtanga Yoga à 16h (Nous avons zappé quelques séances d’Ashtanga pour la plage…)
  • Dîner à 18H30
  • Chanting à 19h

Notre première nuit est difficile (malgré qu’on dormait dans une chambre « deluxe », c’est à dire qu’on avait notre propre salle de bains et 2 mn d’eau chaude). Nous sommes dans un monde complètement différent, avec des bruits différents, des arbres différents, des animaux de la nuit. Nous grelottons toute la nuit, nous avons froid, nos corps s’adaptent difficilement, nous sursautons à chaque bruit.

Nous nous adaptons, nous nous laissons aller, nous nous connectons avec la nature.

Nous rencontrons des personnes en recherche de zénitude d’un peu partout. Des australiens, des suédois, des hollandais, des français, des new zélandais… Des gens superbes, avec qui nous partageons des repas végétariens délicieux, des massages ayruvédiques, des cérémonies du feu et du chanting, de la méditation en pleine jungle, du bonheur.

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Ce que j’en retiens (en vrac) :

Partir a été difficile. Laisser les enfants pendant 10 jours dans un pays étranger. Ni famille ni ami pour aider mon mari en cas de besoin. Juste partir et faire confiance à la vie. Quand j’en ai parlé au Master de l’ashram avec des yeux larmoyants, il m’a souri en m’expliquant que rompre de liens de l’attachement et développer ceux du détachement est une expérience très enrichissante et nécessaire.

Revenir a été encore plus difficile. J’étais heureuse de retrouver les enfants, mon mari, mon confort, le papier toilette, l’eau chaude, le café… Mais sortir du cocon, de cette torpeur quotidienne où tout est rythmé par le chant des oiseaux, par des séances de méditation et de chanting, par cette joie d’être là dans le moment a été dur. J’ai eu envie de crier comme un nouveau né qu’on arrache au doux ventre de sa mère. Rien n’est éternel, disait Buddha.

J’ai eu du mal avec le Karma Yoga. Nettoyer le sol d’une salle de Yoga avec un petit chiffon et un peu d’eau, je ne sais pas faire. Je me suis cachée dans un coin avec un livre pour éviter de le faire. Un des yogi, Om qu’il s’appelle est venu me chercher et m’a obligé à participer; pour apprendre à faire des tâches ingrates sans jugement ni attentes. Ca a été dur. J’ai triché pour finir vite. Il m’a calmement demandé de relaver le sol accroupie sans utiliser un seau d’eau entier ni serpillère, de le vivre sans réfléchir, de le vivre comme une séance de méditation. Je l’ai fait et lui ai demandé de venir vérifier mon karma travail. Il a refusé. Est ce que j’étais satisfaite de mon travail ? C’est le plus important. Depuis cette expérience, je cuisine différemment, je prends beaucoup de plaisir à couper les légumes, les fruits, à le faire en toute conscience sans me dire que je perds du temps et que ça n’a aucune valeur ajoutée.

Marcher dans la jungle dans le noir pour aller méditer a été magique. Au début, j’ai été terrorisée. Et les serpents ? Les tigres ? Et puis je ne sais pas comment j’ai décidé de lâcher prise, de profiter du moment, de dépasser ces peurs qui pouvaient m’handicaper et avancer pieds en tong dans le fouillis de la jungle. Faire taire mon cerveau qui crée des peurs et lui prouver qu’il a tort des fois (souvent) a été magique.

méditation dans la jungle

Je ressens encore l’odeur des encens, des huiles ayruvédiques, des gens, le goût de la papaye, du curry, du sable.

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J’ai compris que le Yoga est bien plus qu’une série de positions acrobatiques. Le Yoga est une philosophie de vie, une harmonie du corps et de l’esprit.

Le dalaï Lama disait « Ma religion, la gentillesse ». Pour les indiens, c’est la gentillesse et le sourire. Malgré la pauvreté, la misère, la saleté, ces gens sont vraiment chaleureux et souriants.

Des fois, j’ai eu le sentiment d’être un dollar ambulant. C’est frustrant de se sentir arnaqué. Mais non. J’avais décidé de me laisser arnaquer par ces gens qui n’ont pas d’argent mais beaucoup à m’apprendre sur la simplicité de la vie.

Je repartirais. Pas pour une semaine. Un mois ou plus.

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